Être dans sa bulle

Lançons notre petit-dico shimois avec une expression typique :

 « Bulle temporelle »

La bulle temporelle a été une des premières expressions créées par l’un de nos membres fondateurs : Jean Merrette, au tout début de la SHIM. La bulle est à la base de nos activités et de notre expérience shimoise.

Dans certaines conceptions de la reconstitution, il est de mise de recréer un événement de préférence à l’endroit précis où il a eu lieu.  Toutefois, il arrive souvent que les reconstitutions ne peuvent plus se dérouler à l’endroit où a eu lieu le dit événement.  Par exemple, on peut y retrouver aujourd’hui un boulevard ou des bâtiments modernes, comme c’est le cas pour le site de la Bataille des Plaines d’Abraham.

Cette façon de voir rend aussi totalement farfelu le principe de faire de la reconstitution du Moyen Âge au Québec, tout comme s’imaginer en France pendant le Débarquement de Normandie.

La Suisse en 1476, ou le Québec en 2007 ?Sommes-nous en Suisse, en 1476 ; ou au Québec, en 2007 ?La Suisse en 1476, ou le Québec en 2007 ?

La SHIM, recevant parfois des critiques sur le fait de faire fi des lieux et des pays dans son application de la reconstitution,  trouva une expression afin d’expliquer sa propre vision : la « bulle temporelle ». 

Une bulle temporelle est délimitée dans un endroit précis, celui-ci  pouvant être une pièce, un champ, un bâtiment, etc. et établir que, dans cet espace, on se retrouve à une date et en un lieu X.  Peu importe si l’endroit n’est pas le lieu original, en autant que l’endroit choisi présente certaines ressemblances avec le lieu original. 

Par exemple, lors d’événement au Manoir Mauvide-Genest, les participants désignent d’un commun accord plusieurs pièces et une partie du jardin comme faisant partie de la bulle temporelle se situant en 1755.  De même, nos poilus de la Première Guerre mondiale sont parfaitement dans le contexte de la France en 1917, même s’ils sont dans une tranchée en Amérique du Nord !

NeuvilleSommes-nous en Europe, en 1917 ; ou en Amérique du Nord, en 2007 ?

Évidemment, il faut apprendre à faire abstraction de tous les anachronismes obligatoires. Que nous soyons en intérieur ou en extérieur, certains éléments ne peuvent être éliminés : le panneau d’alarme incendie, le détecteur de fumée, le poteau électrique, le téléphone qui sonne à l’accueil du musée,  etc.  Avec un peu d’entraînement, les reconstituteurs arrivent à ignorer ces anachronismes.

En résumé, on pourrait comparer la bulle temporelle à l’ambassade d’une autre époque.  Comme l’ambassade des États-Unis à Ottawa est un territoire américain; la bulle temporelle est un territoire appartenant à une autre époque.   Les frontières y sont temporelles et non pas géographiques. Les reconstituteurs deviennent alors les ambassadeurs privilégiés du passé. Cette approche justifie aussi plusieurs principes de la SHIM, que nous explorerons dans un autre billet...

à bientôt  !

 

Commentaires (4)

1. Jacqueline Tremblay 2012-04-18 08:15:10

Je comprends exactement cette bull temporelle car j'ai eu une expérience l'an dernier dans une petite place vers Port Neuf Ste Christine D'Auvergne nous avions fait un Bivouac dans la forêt et à la campagne il n'y avait aucune maison ni structures moderne autour de nous.Nous étions vraiment dans une Capsule de temps passé....C'était magnifique!!

2. Dudonné raphael 2012-04-18 08:16:38

Tous comme nous reconstitueurs Français reconstituant des colons en Nouvelle france de 1750 dans une foret de l'Yonne.
Merci d'avoir partagé cette expréssion.
A bientot

3. Yanik Bélanger 2012-04-18 21:29:16

Un beau résumé de notre façon de faire et de vivre en événemnt .

Merci

4. Evelyne 2012-04-24 21:39:59

Effectivement Raphaël, l'inverse est tout aussi vrai!

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