Mise en contexte

Ce mois-ci, dans nos shimoiseries, découvrons l'expression :  

« le contexte »

Lorsque la SHIM a débuté, nous étions davantage intéressés par le côté matériel de la reconstitution : identifier un objet, le documenter, en dénicher une bonne reproduction ou encore le bon artisan pour le reproduire, puis en expérimenter les différents usages, en identifier les défauts et les qualités...Sans oublier que simplement le fait d’être en costume historique nous comblait!

Ainsi, lors de nos activités, il ne semblait pas nécessaire de justifier outre mesure la raison de notre présence dans un lieu historique. L’ambiance matérielle nous suffisait tel qu’expliqué plus haut.   Puis, au fil du temps, il nous est apparu nécessaire de développer une sorte de scénario, ou « contexte », expliquant la présence de plusieurs adultes (et parfois enfants) dans une situation particulière pour une époque particulière.  En effet, comment justifier la présence de plusieurs femmes, hommes et enfants de familles différentes sous un même toit ou dans un même champ ? Quel est le dénominateur commun entre chacune de ces personnes ?

Au tout début, un contexte sommaire était satisfaisant, par exemple : une auberge où l’on retrouve des clients, des employés et la propriétaire.  Cependant, des questions surgissaient encore : comment se fait-il qu’un client de passage connaisse si bien l’aubergiste ?  Est-ce logique que chacun ait une complicité évidente avec les autres clients, supposés lui être étrangers ?  Pourquoi les clients font-ils la vaisselle et ne semblent pas payer pas leur logement ? Encore une fois, ces contextes flous semblaient nous mener au cul de sac et nous limitaient dans nos échanges.

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L'auberge de Marie-Ange Bouchard, où se cotoyaient clients, employés et propriétaire.  (Redoute Dauphine - 2005)

 


 

Après des années d’expérimentation, d’essais et d’erreurs, nous en sommes venus à mettre au point des contextes plausibles et efficaces pour plusieurs de nos groupes.  Mettre au point un de ces contextes est une démarche difficile ; il faut tenir compte de nombreux facteurs fluctuants tels que le nombre de membres, de femmes, d’hommes et d’enfants, de leurs âges, de leurs intérêts, des sites disponibles, de la personnalité des membres, etc. Sans oublier LE but ultime: l'authenticité du contexte.

Le contexte est ce qui nous unis lors d’un évènement, ce qui explique pourquoi nous sommes là, pourquoi nous agissons de telle ou telle manière, ce qui fixe les personnages. À cela peut s’ajouter une thématique au besoin. Comme exemple donnons celui du groupe 1750. Le contexte de ce groupe est une maisonnée de la haute société de Nouvelle-France en 1750. Lors de certains évènements, nous pouvons y ajouter une thématique, comme Madame qui reçoit du courrier ou on prépare une pique-nique dominical. La thématique se rattachant au contexte déjà établi pour y ajouter de la variété, du piquant.

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La maisonnée de Madame de Périgny, un contexte plus favorable au développement de l'historicité sociale et du jeu de rôle. (Redoute Dauphine -2007)

Le développement du « contexte idéal » est donc un travail en constante progression, une sorte de « work in progress ».  Il va sans dire que de trouver ce fameux « contexte », unique et propre au groupe est un acquis considérable permettant de pousser plus loin l'authenticité historique des interactions sociales ainsi que le jeu de rôle.  Ce dernier étant appelé « être contexte » ou « parler contexte », dont nous parlerons dans un prochain billlet…

Audrée Breton, pour la SHIM

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