Personnages ou personas ?

Ce mois-ci, dans nos shimoiseries, découvrons enfin ce qu'est la "persona" shimoise...

La «persona»

Au tout début de la SHIM, lors des premiers essais, les membres se créaient un personnage, inspiré de faits et de vies de personnes historiques pour créer un personnage réel et plausible, mais fictif. Chacun détaillait les origines, le parcours de vie et les liens familiaux  de son personnage.

Cependant, il est devenu vite évident que ces descriptions précises étaient difficiles à interpréter lors des événements.  Le plus souvent, nos membres se sentaient coincés par la description rigide de leur personnage.   Certains en venaient même  à perdre leur naturel et à plutôt jouer un rôle.  Après de multiples expérimentations, nous avons développé une approche unique que l’on a  appelé la «persona ».

 La  persona [1] n’est pas un personnage à proprement dit.  Un personnage est une personne fictive, telle que l’on trouve au cinéma, au théâtre ou dans les romans, créée par un auteur. Le personnage peut être complètement différent du comédien qui le joue.  Au contraire, la persona ne peut pas se dissocier complètement de son interprète.

Comment fonctionne une persona ?  C’est à la fois simple et complexe ! Il s’agit d’endosser une vague identité (nom,  provenance, métier) et, avec le temps, le contexte auquel nous sommes soumis durant la reconstitution va moduler notre propre personnalité, modifier nos comportements, altérer nos goûts et changer certaines de nos visions ou de nos croyances.  La personnalité du reconstituteur réagit donc à l’environnement de la bulle temporelle.  Certains aspects de sa personnalité sont alors accentués.  Cette modification subtile se nomme une « persona ». 

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Le sergent Marot, persona de Jean Merrette en 1755, plutôt rieur et coquin !

Un même reconstituteur peut développer plusieurs personas, ayant chacun une personnalité propre. Il est amusant de côtoyer certains de nos membres dans plusieurs époques, car leur personnalité change !  Ainsi, un même membre peut développer une première persona qui sera plutôt rieuse et bavarde, et, dans un autre contexte ou une autre époque, une seconde persona plutôt sévère et silencieuse…

is-00111.jpgFrançois-Xavier L'Espérance, persona de Jean Merrette en 1837, plutôt sévère et silencieux...

Il faut beaucoup de temps pour créer une persona. Cette dernière s’enrichit au cours de chaque événement de reconstitution et se nourrit des échanges avec les autres personas de la troupe. Elle se crée ainsi une banque de souvenirs…un « vécu » qui lui est propre.  Pour réellement mettre au monde sa persona, il faut aussi en développer chaque aspect. Ainsi, il faut tenter de reproduire non seulement les gestes de notre persona, mais recréer ses schémas de pensée.  Il faut se questionner afin de découvrir quels auraient été ses goûts, ses opinions, ses croyances, ses réaction face à certaines situations …

En résumé, une persona est la personne que l’on serait probablement devenu, si nous avions vécu dans un autre contexte, à une autre époque. 

Audrée Breton, pour la SHIM

[1] Le mot persona vient du latin (du verbe personare : parler à travers). Dans sa psychologie analytique, Carl Gustav Jung a repris ce mot pour désigner la part de la personnalité qui organise le rapport de l'individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social. Le « moi » peut facilement s'identifier à la persona, conduisant l'individu à se prendre pour celui qu'il est aux yeux des autres et à ne plus savoir qui il est réellement

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