Les shimoiseries

Apprenez le shimois avec nous !  Rien de plus simple avec notre petit dico simplifié.

Depuis plus de 10 ans, les membres de la SHIM innovent en terme de reconstitution.  Au fur et à mesure de leurs expérimentations, ils ont développé différentes théories originales et ont choisi des termes spécifiques pour les décrire.  Ces expressions sont  parfois inspirées de d'autres disciplines, telles que la psychologie, le théâtre, les grandeurs natures, l'histoire vivante ou encore l'ethnologie. Dans cette rubrique, vous pourrez découvrir certaines expressions typiques et théories innovatrices de la SHIM.

 

Savoir faire la différence entre 1750 et 2013

Savoir faire la différence entre 1750 et 2013
En voyant notre type de reconstitution, il arrive que les gens soient choqués de la façon dont nous interagissons ensemble dans la SHIM; soit des visiteurs, d’autres reconstituteurs ou même des candidats en essai dans le groupe. Pourquoi celle-ci marche en avant alors que les autres sont deux pas en arrière? Pourquoi il vouvoie et pas son interlocuteur? Comment se fait-il qu’eux mangent ceci et pas les autres? Tout simplement à cause du contexte! Exactement comme en écoutant Downton Abbey, Joanne Froggatt fait le lit de Michelle Dockery. Car Joanne y incarne Anna, la femme de chambre de Lady Mary. Ce sont des rôles, autant dans la SHIM que dans Downton Abbey. Dans aucun des cas il ne faut s’en offusquer.
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Ici, Anna aide Lady Mary a s'habiller. (Source : Downton Abbey)
Ici, je vous propose un exemple de l’importance de savoir faire la différence entre la personne moderne et celle historique. Ceci afin de voir le contexte comme une situation dans une pièce de théâtre ou un film en tant qu’acteurs, et non pas comme une atteinte personnelle…Un élément très important à savoir pour tout ceux qui ont une contact avec la SHIM en contexte 1750.

En 2013, Audrée et Evelyne sont de grandes amies. Elles parlent des heures au téléphone de choses futiles ou très intenses, elles magasinent ensemble des folies ou des choses sérieuses, elles rient, elles pleurent, elles refont le monde, elles le défont, elles rêvent, elles dépriment, elles bitchent, elles encensent. Depuis quelques années elles ont développé ensemble une passion commune pour la mode, les vêtements, les beaux souliers et le maquillage. Elles se griment, elles aiment ça, elles s’amusent.
En 1750 Audrée est Sœur Saint-Antoine et Evelyne est Madame de Périgny. Si Evelyne peut continuer à aimer le maquillage, la mode et les belles chaussures, cela est impossible pour Audrée. Ainsi, il est arrivé des matins, où Madame se sentait mal d’avoir Sœur Saint-Antoine dans sa chambre à jaser pendant qu’elle se fardait ou choisissait ses bijoux. Madame a de ce fait, demandé à Sœur Saint-Antoine de quitter sa chambre...
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Madame se maquille en contexte 1750, sans la présence de la soeur. (Manoir, 2011)
 
Audrée s’en est inquiétée, se demandant pourquoi Evelyne la rejetait ainsi. Un malaise commençait à naître, une inquiétude. Pourquoi son amie de toujours la repoussait, ne voulait pas sa compagnie?
 
Evelyne se doutait qu’Audrée pouvait mélanger ses actes et ses pensées de 1750 avec ceux de 2013…Elle prit donc le soin, une fois l’activité de reconstitution terminée, d’expliquer à Audrée pourquoi Madame ne peut pas avoir une religieuse dans sa chambre pendant qu’elle se pare. Que le malaise vient de sa persona et non pas d’elle. Ouf! Audrée en fût soulagée.
 
À partir de ce jour, les deux compatriotes de reconstitution depuis plus de 15 ans, évitent de prendre «version 2013» ce qui est fait, vécu ou dit en «contexte 1750». Il y a les deux femmes modernes et les deux persona de reconstitution. Ainsi, Madame peut interdire à Sœur Saint-Antoine l’entrée de sa chambre à certains moments et Sœur Saint-Antoine peut dire à Madame qu’elle devrait donner son argent aux pauvres plutôt que de s’émoustiller à s’acheter des souliers ridicules…Personne n’en est fâché et l’authenticité en est rehaussée.
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Madame et la soeur passe un bon moment ensemble au salon. (Manoir, 2009)
Pas mal non?
 
Elles auront toujours l’occasion en 2013 pour s’inviter et magasiner des chaussures qui seront ridicules aux yeux d’autres personnes…
 
Evelyne Bouchard, pour la SHIM

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