Charivaris&Casseroles

Depuis que je vois les manifestations de casseroles, dans mon quartier et sur facebook, je ne peux pas m'empêcher de faire un lien avec les charivaris de 1837. Saviez-vous que lors de ces événements dans le Bas-Canada, nos ancêtres ont utilisé le charivari pour manifester leurs désaccord avec les agissements de leur gouvernement ?

Mais avant d'aller plus il serait bon de définir ce qu'était un charivari. Habituellement c'était une manifestation bruyante à l'aide de crécelles ou tout autres objets faisant du bruit.  Le charivari était le fait de jeunes hommes d'une paroisse à l'encontre d'un couple nouvellement marié dont la différence d'âge était trop marquée....

Cela durait quelques soirées, devant le domicile du couple. C'était peu violent, mais bien dérangeant pour les tourteraux. La plupart du temps le marié achetait la paix en payant une amende au groupe, qui s'empressait d'aller boire un coup avec la rançon ainsi récoltée. Le message était clair, ''T'en a marié une trop jeune pour toi, elle aurait dû se marier avec l'un de nous''.

Passons maintenant au charivari politique. En 1837, la majorité des habitants francophones penchaient d'une manière plus ou moins forte vers le parti Patriote, avec Papineau à leur tête. Beaucoup de membres de l'élite s'affichaient publiquement, d'autres moins. Certains restaient neutres, ne voulant pas s'attirer les foudres du gouvernement. C'est là que le charivari entre en jeu. Voyez-vous, des habitant de la Montérégie ont commencé à faire des charivaris devant les habitations des capitaines de milices neutres ou mous afin de les inciter à se rallier à eux. Les demandes étaient simples, ils voulaient que ces notables déchirent la commission de capitaine accordée par la reine.

charivari.gif

Le Charivari. (Référence : www.1837.qc.ca/1837.pl?out=article&pno=analyse63)

Le geste était lourd de symbolisme car ces commissions étaient l'équivalent de celles données aux officiers de l'armée. C'était ni plus ni moins qu'un geste de rébellion contre la couronne. Evidemment les regroupements n'avaient pas le caractère bon enfant des charivaris nuptiaux. Des porteurs de torches menacant de brûler les granges et des invectives plus viriles étaient de la partie. Il n'en demeure pas moins que l'homme sollicité était un leader de la communauté et les habitant n'en n'avait qu'au document, pas au porteur. Il est bon de rappeller ici que la fonction de capitaine de milice remonte au régime français et n'était pas une institution britannique.   Ces actions n'avaient qu'un seul but : inciter à renier que les symboles britanniques.

Ces charivaris se sont pour la plupart dénoués par le ralliement des capitaines de milices. Imaginez la forte image, d'un notable sortant de sa maison ''assiégée'' avec son document royal dans la main et le déchirant devant ses concitoyens qui l'acclament.

Luc Martin

 

En savoir plus : Le charivari dans la Vallée du Saint-Laurent à l'époque des Rébellions

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