Boule à mythes

La SHIM se donne comme mandat de faire découvrir la vie de nos ancêtres de façon positive.  Entre autres, elle vise à réviser des faits et croyances erronés sur le passé.  Venez défaire quelques petits et grands mythes sur différents sujets historiques.

La vraie étoffe d'une grande femme

Marguerite Bourgeoys : quand l'habit fait le personnage...

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Portrait de Marguerite Bourgeoys, au début du 20e siècle,anonyme.

Source : www.ameriquefrancaise.org. Collection CND

Marguerite Bourgeoys, depuis toujours, a été représentée habillée avec le costume qu’elle a dessiné pour sa congrégation : cette longue robe noire, coiffe noire et cornette blanche avec le typique mouchoir de cou en pointes.  La première représentation connue de Marguerite date du jour même de sa mort, le 12 janvier 1700.  Un portrait fut alors commandé par les sœurs.  Le peintre Pierre Le Ber réalisa une toile lors de l’exposition du corps de la défunte. Cette toile, dont l’apparence a été grandement modifiée au fil du temps (voici un article passionnant à ce sujet), a une histoire formidable  à découvrir.  On la voit portant la cornette blanche, la coiffe noire, le mouchoir de cou blanc, la croix et un habit ample noir.  Il semble que ce tableau inspirera  toutes les représentations qui suivront de Marguerite… En effet, nul n’a vu Marguerite affublé d’un autre vêtement… 

marguerite-bourgeoys-1.jpgLe même tableau, après restauration : on y voit le vrai portrait réalisé par Pierre Le Ber en 1700 

Source : www.ameriquefrancaise.org Collection CND

On la représente dans ce costume immuable à toutes les étapes de sa vie, comme si celui-ci l’avait habillé dès le début de ses nombreuses péripéties.  Qu’en est-il vraiment ?  À quel point ce vêtement est-il propre à Marguerite ?

Marguerite Bourgeoys mit les pieds en Nouvelle-France le 22 septembre 1653.  Elle ouvrit sa première école le 30 avril 1658, dans une étable, à Montréal.  On la voit recevant ses élèves près de son étable, sur  cette belle illustration, datée de 1951, trouvée dans : « La Bienheureuse Marguerite Bourgeoys, sa béatification».  En haut, dans un encadré à droite, on aperçoit le détail de l’étable- école :

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Source : Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 654.1

L’école, utilisée aussi comme maison-mère de la congrégation, déménagea en 1668 dans un bâtiment plus grand.  C’est dans ce nouveau bâtiment, situé à la Pointe-Saint-Charles, que Marguerite Bourgeoys accueillit les filles du Roy entre 1668 et 1673. Ici, voici quelques illustrations qui nous présentent Marguerite alors qu’elle accompagne et aide les filles du Roy lors de leur arrivée :

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marguerite-20bourgeoys-20and-20the-20filles-20du-20roi-201-20blue.jpgSources : Archives du CND

Cependant, lorsque nous nous penchons sur l’histoire de la Congrégation, tout particulièrement dans les annales de l’institut de la Congrégation de Notre-Dame, rédigés en 1910 par sœur Sainte-Henriette,  à la page 121, nous découvrons que Marguerite Bourgeoys a conçu le costume de la congrégation uniquement  en 1673… Donc bien après l’étable-école et l’arrivée des filles du Roy ! 

On doit donc repenser l’apparence de Marguerite-Bourgeoys, du moins pour ces deux épisodes importants de notre histoire ... Que portait alors Marguerite ?  Probablement un costume civil, typique des années 1660-1670, sans atour, aux couleurs sombres et à la découpe modeste.  Une question qui est à l'étude...et des réponses à venir dans un prochain billet !

Audrée Breton

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